Homélie du 3 avril

Par Réné AUCOURT


La femme est enfermée, coincée… des hommes l’entourent, tous prêts à appliquer la loi… les cailloux sont prêts à être lancée. Une telle femme doit être mise à mort, il n’y a pas d’avenir possible pour elle. Le jugement définitif doit tomber… et voici que Jésus ouvre une porte, un avenir est désormais possible. Le cercle est cassé, les pierres n’ont plus qu’à être posées par terre, elles ne servent plus à rien. Une rencontre est possible. Jésus entre en conversation avec elle. Et il lui dit trois phrases essentielles : je ne te condamne pas c’est-à-dire je ne t’enferme pas dans un passé, un jugement bouclé, fermé ; puis il lui dit « va » c’est-à-dire continue, invente ta vie, mets-toi en route pour un avenir et enfin, enfin seulement, ne pêche plus c’est-à-dire « ne recommence pas », fais un effort, ne retombe pas dans ce qui t’a enfermé au départ. Des paroles dynamiques qui sont autant de promesses, de germes. Déjà le prophète Isaïe disait : « Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? » et Paul disait : « Oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus. » Autant de paroles à recevoir aujourd’hui…
C’est vrai que notre monde, notre maison commune, est menacé… c’est vrai que
des situations d’injustice sont bien là, et comment ne pas évoquer la guerre, la
violence, la création menacée… mais il y a aussi des germes, des promesses d’un
avenir… des associations nombreuses, des ONG s’engagent pour la justice et le
respect de chacun… le CCFD- Terre solidaire annonce 580 projets dans 67 pays…
ce n’est pas rien. C’est vrai que la solidarité se manifeste pour l’Ukraine ou pour
l’Afghanistan…Autant de germes pour notre vie dans cette « maison commune ». Bien sûr, il y a tant à faire… mais les germes sont bien là, ne les voyez-vous pas ? Et nous sommes invités aussi à les vivre dans nos relations… nous enfermons si facilement l’un ou l’autre dans son passé, ses erreurs ou ses échecs… et si nous gardions toujours, comme un réflexe, à la manière de Jésus, cette pensée du « va »… c’est-à-dire, continue… il y a des germes en chacun d’un monde nouveau, de relations nouvelles… « Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? »