Elle nous fait peur : la maladie d’Alzheimer

C’est un sujet qui revient dans les conversations, souvent sous forme de plaisanterie, histoire de conjurer par l’humour une crainte qu’on voudrait ignorer. Si un mot nous échappe: « C’est mon Alzheimer qui commence! » Ainsi, après la tuberculose, le cancer, le sida, est apparue cette autre métaphore du malheur, avec tout le poids des représentations négatives qui lui sont liées.

C’est une démence, c’est à dire une affection grave et inéluctable, due à une destruction progressive des cellules du cerveau. Il n’existe pas de traitement curatif, donc pas de guérison possible, mais des médicaments ralentissent l’évolution. Plus vite on diagnostique, plus vite on peut agir.

Le rejoindre là où il en est

Il existe surtout la possibilité d’un accompagnement de celui qui, jusqu’au bout, reste une personne. Même dans les derniers stades, ce n’est pas un légume, comme on l’entend dire souvent. Il ne se réduit pas à ses déficiences. Il est donc important de reconnaître et de valoriser tout ce qui subsiste, plutôt que de s’appesantir sur ce qui est perdu. Ses paroles gardent toujours un sens. Ce que dit une personne, ce n’est jamais n’importe quoi, même si ce sens nous est caché. Il en est de même des comportements, aussi bizarres qu’ils soient. Nous avons donc à nous adapter à ce malade, à le rejoindre là où il en est, à découvrir ce qui est important pour lui, et non ce que nous souhaiterions à sa place.

Maison ou institution ?

70 % des malades vivent chez eux. Il n’existerait d’ailleurs pas suffisamment de structures adaptées pour les accueillir. Leur domicile joue un rôle de contenant, de protection contre l’effondrement. Ils sont d’ailleurs plus stimulés en famille qu’en institution. C’est très lourd pour ceux qu’on appelle les aidants, physiquement et psychologiquement : voir se transformer, se dégrader celui qu’on aime. Pour éviter d’en arriver à l’épuisement, il est impératif de solliciter de l’aide, des relais : accueil de jour, accueil temporaire, rencontres d’échange et d’information, (cafés Alzheimer). Le fait de conserver soi-même une bonne qualité de vie est une condition nécessaire pour assurer une bonne prise en charge du malade. Souvent le placement s’impose un jour. L’expérience prouve que, lorsque le moment est bien choisi, cela se passe bien. Nous avons du mal à renoncer à l’impossible : vivre vieux sans pertes ni dépendance. Cette maladie nous renvoie à notre vulnérabilité : se perdre soi-même, ne plus se reconnaître, ne plus s’appartenir. Mais nous croyons que la personne, quelle que soit sa pathologie, conserve toujours toute sa valeur et sa dignité.

Faire route ensemble et partager !

La solidarité internationale c’est partager, se connaître, se respecter mutuellement, mais c’est surtout s’ouvrir au-delà de « chez nous », au-delà de nos frontières. C’est un échange de peuple à peuple. Quelques nouvelles à partager :

Haïti – 1 an après le séisme

L’action de carême du bol de riz, a rassemblé quatre-vingts personnes au hameau des Ormes à Dompierre. Beaucoup étaient venus en sachant qu’ils y rencontreraient des représentantes de la congrégation des sœurs de Saint François d’Assise présentes à Haïti et qui ont tenu à rendre compte de l’usage fait des dons que nous avions envoyés par leur intermédiaire.
Sœur Bernadette Nourdin, accompagnée de leurs hôtes de Verosvres et de quatre Haïtiennes dont trois sont en fin de formation à Lyon, nous a fait une présentation de la réalité haïtienne quelques semaines après le séisme du 12 janvier 2010. Elle a su éviter les images déjà diffusées par la télé, pour nous montrer comment, au milieu des ruines, le peuple haïtien reprend vie et espoir et quels choix (toujours de proximité) elles vivent en faisant ce qui leur est possible avec le peuple haïtien. Images qui ont fait mouche sur les conditions de vie de sœurs qui, comme les autres, savent ce qu’il en est de vivre sous le regard des autres et de passer des nuits entières à ne plus pouvoir dormir, l’art de faire la fête avec les enfants et de prier avec la confiance qui déroute tant les occidentaux. Nous y reviendrons.

Jean-Pierre Leconte

Des difficultés au Pérou

Paco nous fait part de différentes difficultés de la radio Santa Cruz (problème organisationnel et financier) et nous informe sur la situation du Pérou : « A la Radio Sicuani, Edwin a de gros problèmes avec le personnel mais il n’en est pas la cause. L’évêque, sur le point de partir, ne veut pas se mouiller! Oui, nous n’avons pas encore de nouvel évêque : les tensions sont très fortes au plus haut niveau. Le nonce ne veut pas d’Opus Dei et le cardinal de Lima (traditionaliste) veut imposer son candidat! C’est triste que les nominations d’évêques se fassent dans les antichambres du Vatican et que le peuple de Dieu n’ait rien à dire. Heureusement qu’ici il y a quelques bons curés et des laïcs de valeur qui maintiennent un certain dynamisme et ouverture. J’espère qu’avant mon départ (15 mai) je connaîtrai le nouvel évêque car j’aurai bien des choses à lui dire. Ici, nous sommes en pleine campagne électorale – pour les présidentielles – qui auront lieu le 10 avril et en juin pour le deuxième tour ».

François Dalteroche (dit Paco)

L’hygiène et l’accès aux soins pour les Népalais

L’association Manoj aide à l’accès aux soins, à l’amélioration de l’hygiène et apporte un soutien aux dispensaires au Népal (à la frontière de l’Inde et de la Chine).

C ette association porte le nom d’un petit garçon de 4 ans atteint d’une maladie cardiaque grave. Opéré trop tardivement, il décédera quelques jours plus tard.
Thierry Giraud, infirmier à Matour, est président de l’association qu’il a notamment présentée à Matour en décembre dernier.
Actuellement, Manoj finance la construction d’un bloc sanitaire dans le village de Mahabir. Là-bas, ni eau courante dans les maisons, ni toilettes. A la demande des habitants, l’association Manoj a financé la construction de toilettes avec trois WC et une nouvelle fontaine.
Manoj prévoit de construire de nouveaux blocs sanitaires et d’aider à l’achat de matériel médical pour les dispensaires et aide actuellement les personnes malades et éloignées des villes ayant besoin de consultation à accéder aux soins.

Comment soutenir cette association ?

Thierry est disponible pour toute demande de projections d’un reportage vidéo sur l’activité de l’association Epicéa France et de Manoj au Népal. Des ventes d’artisanat népalais et tibétain peuvent être organisées par les bénévoles. L’association recherche également des sponsors et des donateurs.

Contact

Association Manoj – 1, rue du Pré Clou – 71520 Matour
Site : http://thierry-manojnepal.blogspot.com/

Un jardin partagé à Tramayes

Les médias nous renvoient souvent une vision pessimiste de la nature humaine. Mais on peut aussi relayer d’heureuses nouvelles : des initiatives solidaires nombreuses ont bien lieu autour de nous.

C’est la matérialisation des réflexions du groupe « Vers des solidarités plus actives », suite aux campagnes des restos du cœur : un espace constitué de parcelles individuelles et d’un terrain collectif. La culture des légumes, fleurs, arbres fruitiers a été choisie pour servir de support privilégié à la lutte contre le « chacun pour soi » : travailler ensemble, rencontrer l’autre différent de soi, partager les connaissances et les biens (échanger ou donner des plantes, des fruits, du matériel…). C’est donc un brassage de populations qui est souhaité : jeunes et vieux, autochtones et nouveaux habitants, jardiniers émérites et débutants loin des méfiances et des préjugés.

Tout le monde est invité

Si une attention particulière est dirigée vers les personnes en difficulté physique ou mentale ou économique, tout le monde est invité. L’inverse correspondrait à une attitude de ségrégation et d’exclusion.
Les tout-petits de la crèche et les personnes âgées de l’hôpital ne viendront pas : ce sont les bénévoles du groupe qui iront à eux. Par contre, l’école et les garderies ont leurs coins réservés. En plus du jardinage, il est proposé aux enfants une ouverture vers l’observation et le respect de la nature végétale et animale.
L’accent est mis par François Dost (responsable) et Agnès Olivier (animatrice) sur l’inventivité et la lutte contre le gaspillage : compostage, récupération, recyclage, utilisation de moyens de fortune, adaptation des outils au handicap.
Les récoltes vont bénéficier entre autre à la cantine et aux restos du cœur.

En aparté

Lutter contre les inégalités, contre l’injustice, c’est une attitude difficile qui nous demande un changement intérieur. Spontanément, nous cherchons plutôt à oublier que d’autres souffrent. Et puis, « ce qui est à moi est à moi ! » On peut aider ses voisins. On peut aussi partager avec l’étranger, celui qui vit très loin, d’une manière différente de la nôtre. Les réalisations sont diverses. Elles se différencient des « actions charitables » du passé. Elles veulent préserver la dignité des personnes secourues. Elles cherchent à être innovantes, souvent festives, privilégiant une joyeuse convivialité.

Retrouvez les activités sur le blog du jardin : http://jardinpartagetramayes.blogspot.com

Des nouvelles du Pérou et de Radio Santa Cruz

Depuis près de dix ans, plusieurs personnes de notre paroisse soutiennent une radio implantée dans le sud andin au Pérou.
Ce soutien nous a permis de nouer des liens privilégiés avec Edwin Colque, le responsable de cette radio qui est très investi dans la vie du diocèse ainsi qu’avec François Dalteroche – alias Paco – prêtre français qui a partagé la vie de ce diocèse andin pendant de nombreuses années. Quelques nouvelles en direct de Sicuani au Pérou…

De nouveaux groupes armés ont réussi à se réactiver et s’emparent maintenant des organisations syndicales et des universités. Ils se présentent aux élections comme candidats et la population en a peur.
D’autre part, des groupes de très grande corruption ont réussi à se constituer en bandes organisées et à se présenter comme candidats ; certains ont ainsi gagné des mairies en manipulant la population (en distribuant boissons, cadeaux et aliments aux paysans qui les soutiennent).
Il manque des partis politiques solides avec une idéologie, une doctrine, un programme de gouvernance Il y aurait l’APRA (de l’actuel président mais fortement remis en question) ; les autres partis n’ont pas de propositions suffisamment larges pour pouvoir s’unir en vue de ces élections.

Se former pour résister

Dans ce contexte, des moyens de communication qui ont un seul patron ont été pris d’assaut par les personnes provenant de ce type d’organisations.
Heureusement à Radio Santa Cruz, on peut réussir à diriger collectivement et réfléchir à la lumière de l’Évangile. La formation est pour le moment notre priorité et vos apports nous servent dans ce sens. En ce moment, quatorze personnes sont en formation régulière, six femmes et huit hommes. […]
Notre matériel est un ensemble d’appareils assemblés, aussi cela nous génère des difficultés […]. Nous pensons chercher avec l’aide d’un quelconque gros prêteur les 22,000 $ que coûte un transmetteur original, ceci en pensant à l’avenir.
Lors du défilé de l’anniversaire de la radio, il s’est vécu quelque chose de très beau qui nous a unis les uns aux autres comme une fraternité familiale, de communauté chrétienne entre tous les participants.

«Merci Paco»

Le 26 juin, nous avons eu une belle réunion-déjeuner avec Monseigneur Paco, les amis du Sud-Andin, les frères prêtres de diverses paroisses et l’équipe sociale du diocèse de Sicuani.
Sur le mur, on pouvait lire : « Merci Paco pour ta vie et pour ton service du Sud-Andin » Ce furent des moments de joie d’être ensemble dans le partage mais aussi de tristesse de voir partir une fois encore un homme qui est témoin d’intégrité, qui vit sa vocation de service comme prêtre et comme pasteur.
Nous avons demandé qu’il revienne bientôt, de manière libre comme il est lui, parce que nous avons besoin de sa solidité, de sa sagesse, de ses conseils et de sa bénédiction. Si Dieu le permet !

 

 

Quoi de neuf à LACIM ?

Une rencontre avec JC MASERA, responsable du comité de LACIM (Les Amis d’un Coin de l’Inde et du Monde) à Saint Point nous a permis de mieux connaître les projets soutenus par l’association et son mode de fonctionnement.

Tout d’abord, quelle est l’origine de l’association LACIM ?

En 1964, une famille de Croizet-sur-Gand près de Roanne perd son plus jeune fils, Louis, dans un accident de la route. En 1966, répondant à un appel de l’Inde « Avec des puits, plus de famine… », elle envoie l’argent de l’assurance pour creuser un puits à Valapady. Un mouvement de solidarité s’organise alors vers l’Inde. C’est la naissance de l’association LACIM : Les Amis d’un Coin de l’Inde et du Monde.
Basée sur les principes d’amitié et du partage, cette association a pour objectif de tisser des liens de solidarité avec des communautés des pays du Sud en les aidant à réaliser des projets permettant d’améliorer leurs conditions de vie sur les plans économique, social et éducatif. Ces actions se mettent en place sous forme de jumelages.

Comment fonctionne le Comité de Saint Point ?

Sous l’impulsion de notre regrettée Hélène QUELIN, un comité LACIM s’est formé à Saint Point-Tramayes et compte dorénavant une trentaine d’adhérents. Les adhérents apportent une contribution annuelle pour soutenir les projets d’une communauté et entretiennent une correspondance avec les communautés soutenues.
Des apports ponctuels sont également effectués ; par exemple, cette année, les lycéens  de la Prat’s à Cluny ont réalisé une « opération bol de riz » et ont reversé les fonds recueillis au comité LACIM de Saint Point. Cette initiative  a été d’autant plus appréciée par les membres de l’association qu’elle émanait de jeunes intéressés par un projet de solidarité.

Quels sont les projets actuellement soutenus ?

Deux jumelages sont actuellement soutenus par le comité de Saint Point :

  • Le premier se situe au village de Keessara en Inde. L’association vient en aide aux étudiants les plus défavorisés du collège pour le financement de leurs études (logement, fournitures,…). Afin de leur permettre de s’autofinancer à l’avenir, LACIM a soutenu la mise en place d’une petite ferme laitière gérée par le collège. Les bénéfices de cette exploitation laitière devraient à terme couvrir cet autofinancement tout en participant au développement économique de la région.
  • Le second se situe à Koulikoroni, dans la région de Bamako, au sud du Mali. L’activité de ce village est essentiellement agricole (céréales, maraîchage). LACIM intervient dans 3 domaines au sein de ce village :
    • Mise en place d’un moulin à mil pour le traitement des récoltes céréalières, prêts permettant aux agriculteurs de s’équiper en matériels agricoles ou en bétail. Un projet d’agriculture durable est en cours : aménagement des terres arables pour limiter l’érosion, compostage pour accroître le rendement ;
    • Des aides permettent de rémunérer des instituteurs pour favoriser la scolarisation des enfants des 2 sexes. En 2008, le comité a participé au financement de la construction d’une école « en dur » au sein du village ce qui permettra à l’école de bénéficier du statut d’établissement public (et des aides de l’Etat associées) ;
    • L’alphabétisation des femmes a permis d’améliorer les conditions sanitaires et sociales des familles. Les femmes peuvent dorénavant gérer des micro-crédits leur permettant d’ouvrir des petits commerces par exemple.

Cette association est résolument tournée vers la solidarité et le partage en développant durablement les communautés soutenues.

Renseignements : JC MASERA (Saint Point)