La solution la moins coûteuse pour répondre aux normes d’accessibilité

André Forest, Aimé Thivent et Pierre Levin s’investissent beaucoup dans le projet pour tout ce qui concerne le côté technique des choses. Ils insistent eux aussi sur la nécessité de cette construction : on ne pouvait pas faire autrement.

En application de la loi, les lieux de rassemblement doivent être adaptés d’ici 2015 de manière que les personnes à mobilité réduite puissent y accéder. La mise aux normes de locaux existants aurait coûté plus cher pour un résultat inférieur. Ils insistent aussi sur les raisons du choix géographique: raison « identitaire », au cœur du territoire de la paroisse, raison « ergonomique »: cohérence avec les pré- occupations correspondant au développement durable, facilitation du travail, économie d’énergie (réduction des déplacements, chauffage par géothermie).

Eh bien justement, combien ça coûtera?

L’estimation se monte à 350000 euros maximum. La moitié serait assurée par la vente des cures de Tramayes et Dompierre, le solde de la somme restante se répartissant entre les fonds propres de la paroisse et une souscription auprès des paroissiens : 60 000 euros sur cinq ans. Des promesses de dons ont déjà été confirmées. L’association diocésaine, qui est propriétaire, assure la maîtrise d’ouvrage et les règlements.

Quel sera l’agencement intérieur?

Il y aura une grande salle de 60 m², un bureau, une salle d’accueil, un office, un local technique, des sanitaires.

Ce sera pour quand ?

Le bureau d’études Atelier du triangle est chargé du projet architectural. Le permis de construire a été déposé fin avril. On pense que les travaux devraient débuter à l’automne. Il est raisonnable d’espérer une inauguration pour la Pentecôte 2014.

Le service des malades reçoit des professionnels de la santé

Il y a une dizaine d’années que notre équipe paroissiale du service des malades existe. Nous sommes une quinzaine de personnes venant de sept villages. Nous visitons surtout des personnes âgées. Certaines vivent chez elles. Elles sont encore autonomes ou déjà assistées. D’autres sont en établissement. Nous les voyons à titre personnel, amical, ou bien dans le cadre d’une association – Croix Rouge, ADMR, animation en maison de retraite -, ou encore avec une référence religieuse.

Ce qui nous constitue comme équipe au service des malades, ce sont nos réunions, environ une fois par trimestre. Le but est d’échanger des informations, de confronter nos vécus et de réfléchir sur notre action. Nous avons besoin de ce soutien mutuel pour nous dynamiser, nous relancer dans une mission parfois facile et agréable, parfois difficile et incertaine.

Des témoignages, des encouragements, de l’humour

Pour ne pas nous limiter à nos propres expériences, nous invitons réguliè- rement des personnes extérieures : médecins, infirmiers libéraux ou hospitaliers, directeurs ou cadres d’établissements, aumôniers. Ces professionnels ont un rôle différent du nôtre et nous le font découvrir. Ils sont intéressés par nos interventions qui sont complémentaires des leurs. Ils nous encouragent et nous rassurent parfois si nous doutons de la valeur de notre action. Certains nous ont expliqué que ces échanges les avaient aidés à mieux comprendre leurs propres interventions en les obligeant à s’expliquer. Ces rencontres, bien que sérieuses, sont toujours sympathiques et certains intervenants nous ont montré qu’on peut parler d’une personne avec beaucoup d’empathie et même avec tendresse, mais aussi avec beaucoup d’humour. Rire ensemble est aussi dynamisant et thérapeutique !

Des exemples concrets

Les sujets abordés ont été très nombreux et il est difficile de choisir. En fait, nous en revenons très souvent à la qualité de la relation. Comment être dans une véritable écoute sans jugement ni prise de pouvoir ? Dans une époque où on valorise la jeunesse, où on aime les vieux qui n’en sont pas… comment aider une personne très diminuée à se vivre comme sujet autonome? Un infirmier nous a donné un exemple concret: la toilette. Pour mettre en confiance et respecter l’intimité, on crée des repères en procédant toujours de la même façon.
Comment ne pas mettre en difficulté un malade Alzheimer? Conseils : éviter de lui poser des questions, ne pas lui demander de faire deux choses à la fois. Que répondre quand une personne interroge « A quoi je sers ? » Difficile de ne rien faire quand on a fait partie de la génération travail! Que dire quand on ne peut plus rien, quand il y a une demande d’euthanasie? Comment accompagner un mourant ?
Nous avons participé aussi à des journées de formation. Mais, heureusement, nous avons encore beaucoup de choses à apprendre !

Médecin généraliste en milieu rural « On touche à tout! »

C’est surtout le désir d’aider les autres qui a amené Joël Parisot à entreprendre une dizaine d’années de médecine. Il reconnaît qu’il faut vraiment consacrer sa jeunesse, renoncer à beaucoup de choses : heures de sommeil, loisirs, tellement le programme est vaste. Mais, de son point de vue, « c’était hyper passionnant. Les études sont bien faites en France. »

Dans les dernières années de son cursus, comme interne, il a cependant trouvé le temps de se marier et d’avoir deux enfants (il en a trois maintenant). «?En tant que médecin, on sait qu’il ne faut pas attendre trop tard pour avoir des enfants!?»

Une vision positive des patients

Il vient de fêter ses 20 ans d’exercice à Matour. Il a succédé au docteur Dassonville. S’installer dans le milieu rural, ce fut un choix délibéré. Fils d’agriculteurs, il dit apprécier les gens de la campagne, naturels, pratiques, réfléchis, raisonnables, ne consultant pas pour le moindre bobo. Il parle de ses patients d’une manière chaleureuse, valorise le bon sens de la majorité d’entre eux. Ils lui font confiance tant sur le plan diagnostique que sur le plan thérapeutique.

On fait de tout

Il regrette de faire moins de visites à domicile qui lui permettaient de mieux connaître les gens, leur milieu de vie. C’est aussi ce désir d’appréhender la personne dans sa globalité qui lui a fait choisir la médecine générale. «?On touche à tout, on fait des choses qu’on ne fait plus en ville?», où on s’adresse plus facilement aux spécialistes.
Il situe ses interventions selon trois directions. Les gestes techniques qu’il a appris à faire avec de plus en plus d’assurance : suturer une plaie, poser un stérilet… Le domaine de la réflexion : ajuster, équilibrer un traitement, en tenant compte de l’ensemble des pathologies, des effets secondaires, des réactions du patient. L’écoute de la personne, de son vécu, de ses soucis familiaux ou autres. Il continue aussi à se former pour acquérir de nouvelles compétences.

Le parler vrai du médecin

Question importante: faut-il toujours dire la vérité au malade, quelle que soit la gravité de la situation ? Il répond positivement. Cacher les choses, c’était dans le passé «?une autre médecine?». Parler permet d’ouvrir le dialogue, de «?décongestionner?». Souvent, le patient est plus prêt à entendre qu’on pourrait le croire. Le fait de comprendre pourra lui permettre de mieux lutter.
Tout cela demande une grande disponibilité: 70 heures de travail et une nuit de garde par semaine, un week-end sur six. Le docteur Parisot aimerait pouvoir consacrer plus de temps à sa vie de famille, faire du sport pour soigner sa propre santé. Mais, malgré la fatigue et parfois le stress, il ne regrette pas son choix de vie. Il est récompensé quand, le soir, il peut dire : «?Je suis content de ce que j’ai fait!?»

Saint-Point : « Trop cool ! »

Les autres villages décrits dans cette rubrique ont vanté la beauté de leurs paysages. Mais Saint-Point a cette particularité, ce « plus », d’avoir été chanté par un poète : « Entre deux étroites collines, se creuse un oblique vallon. » Je parlerai très peu de Lamartine et du patrimoine architectural, ce qui a été très bien fait par ailleurs. Mais l’église recèle un livre d’or où des expressions reviennent, évoquant aussi bien l’environnement que le lieu lui-même : « écrin de verdure, paysages harmonieux, calme, douceur, sérénité, petit coin de paradis. » Une main d’enfant a même écrit : « Trop cool ! »

Une zone de montagne

Quelles sont les particularités du relief ? Si les touristes les apprécient, les agriculteurs en parlent d’une manière moins élogieuse, en évoquant les pentes abruptes (altitudes situées entre 296 et 746 mètres). Saint-Point est classé zone de montagne. Il existe une douzaine d’exploitations. Plusieurs agriculteurs travaillent à mi-temps à l’extérieur. Les Sanpognards sont à l’origine de la première Cuma (Coopérative d’utilisation du matériel agricole) de la région, créée en 1957. Elle évitait que chacun s’équipe individuellement.
Autre forme de solidarité dans ce secteur : le service d’entraide. Quand un agriculteur était malade ou accidenté, les autres s’organisaient pour le remplacer bénévolement. Cette disponibilité est difficile à l’heure actuelle.

C’est plus la même vie !

Les anciens expriment d’autres regrets en parlant d’un temps où le bourg était actif, gai, convivial. « On entendait rire, on s’interpellait d’un jardin à l’autre ! » Le centre du village est maintenant trop calme, surtout en hiver : beaucoup de résidences secondaires sont vides une partie de l’année. Par contre, les hameaux sont très vivants : beaucoup de jeunes couples et d’enfants. Une douzaine de maisons ont été construites dernièrement. Certains nouveaux habitants ont choisi de s’installer là après un séjour en gîte (ici, un gîte d’étape et un gîte rural). « C’est plus comme avant, on connaît plus les gens ! » Mais il existe un souci d’intégration des nouveaux venus, en particulier de la part de l’amicale qui les invite gratuitement au méchoui. Monsieur Mignot, maire de la commune, explique que la population augmente chaque année : 355 habitants, et même 410 si on procède à un double comptage incluant les résidences secondaires. Beaucoup travaillent à l’extérieur: pas de gros employeurs sur place. La municipalité a le souhait de retrouver des terrains constructibles pour des jeunes voulant rester au pays. On ne trouve actuellement rien à louer. Autre projet : la réorganisation du bâtiment communal, en pensant particulièrement aux vingt-deux enfants de l’école maternelle.

Un village qui a des atouts

L’artisanat est bien présent : plusieurs entreprises dans le secteur de la menuiserie, charpente, couverture, zinguerie, scierie. Un tapissier décorateur. Un maçon.
Un cabinet de sophrologie vient de s’installer. Quant au domaine artistique, il est représenté par un tourneur et sculpteur sur bois reconnu hors de nos frontières.
Le tourisme est particulièrement important, lié bien sûr à l’église, au château, au camping et au lac. Ce dernier est un lieu d’animation en été, et un lieu de promenade toute l’année. « Quand on veut se promener, on va faire un tour au lac ! » Le bar-restaurant est à nouveau ouvert et la guinguette propose son programme d’été.
Autres lieux de rencontre : l’épicerie-café et aussi l’emplacement de jeux où se côtoient mères, grand-mères du village et du camping : occasions d’échanges avec des familles étrangères.

Des associations actives

Un méchoui à préparer, c’est du boulot !
Un méchoui à préparer, c’est du boulot !

L’Amicale est très ancienne. Elle n’oublie pas son passé, (les anciens élèves) et continue à aider financièrement l’école. En plus du méchoui, elle organise la fête patronale. Les Amis du lac chapeautent la section pêche : trois concours par an. La Société de chasse compte plus d’une vingtaine d’adhé- rents. Les Compagnons du chêne de Jocelyn font du théâtre depuis 1990. Ils ont commencé avec des scènes historiques et des histoires locales (scénarios écrits par eux-mêmes). Ils ont évolué vers le théâtre de boulevard. Beaucoup de travail et d’énergie de la part de tous, jeunes et vieux, de tous milieux sociaux. Et comment ne pas évoquer certains artistes inoubliables ?… Les compagnons prétendent que le ciel est toujours avec eux : parfois menaçant, jamais déchaîné !
Nouveau à Saint-Point, le Petit piment propose un espace de rencontre et d’échange avec le public. Le Comité local de Lacim (Les amis d’un coin de l’Inde et du monde) regroupe vingt-huit adhérents, dont certains habitants des villages voisins. Cette association aide les pays du Sud à réaliser des projets de développement. Saint-Point est jumelé avec un village du Mali. Les dons des adhérents servant intégralement aux projets, les frais de fonctionnement sont couverts par des activités bénévoles : repas, brocante.

1995 quelques compagnons acteurs. Que de souvenirs !
1995 quelques compagnons acteurs. Que de souvenirs !

Alors, Saint-Point, un petit coin de paradis ? On m’a dit: « Je ne comprends pas que tout le monde ne veuille pas habiter ici ! » « En arrivant ici, j’ai été surpris de trouver des gens si agréables, gentils, adorables !… » Si on m’a fait remarquer qu’au-delà de l’image idyllique d’une campagne préservée, la précarité peut aussi exister chez nous, on m’a aussi beaucoup parlé d’ouverture, d’échanges, de convivialité, d’entraide, de solidarité.

Jusqu’à la mort, accompagner la vie

Nous savons que nous sommes mortels. C’est une certitude absolue. La limite à notre vœu d’infinitude. Souvent, nous préférons l’oublier. Mais les soignants, comme les familles, sont obligatoirement confrontés à la fin de la vie. Pour les aider, et pour accompagner les malades, se sont mis en place, depuis une vingtaine d’années, ce qu’on appelle les soins palliatifs.

Les soins palliatifs sont pratiqués par des équipes médicales pluridisciplinaires, aidées par des bénévoles. Elles interviennent à l’hôpital, ou bien elles se déplacent à domicile. En Bourgogne, il existe 115 lits de soins palliatifs, répartis dans 47 établissements et 12 équipes mobiles. Leur rôle ? « Ce qu’il reste à faire quand il n’y a plus rien à faire. » En fait, il s’agit bien d’une continuité dans des soins actifs, mais qui n’ont pas, la plupart du temps, pour but de guérir. La loi Léonetti (2005) donne beaucoup d’importance à la volonté du malade. Elle permet de refuser l’acharnement thérapeutique, d’interrompre des traitements jugés inutiles, ou ayant pour seul but de prolonger artificiellement la vie.

Etre vivant jusqu’au bout

Il s’agit essentiellement de soulager, par tous les moyens, la souffrance physique et psychologique. De plus, ce temps qui reste, qui est un temps de vraie vie, il est très précieux. Il peut être vécu intensément, permettre de faire le point, de continuer encore dans le sens d’une évolution personnelle. Parole d’un malade en phase terminale : « J’apprends ce qu’est la vie, de jour en jour. » Cela n’est pas possible si la personne est très souffrante ou se sent abandonnée. Elle doit être entendue et comprise quand elle dit désirer mourir. Mais l’expérience prouve que les demandes d’euthanasie correspondent souvent à un appel à l’aide et sont fortement réduites après que tout a été mis en œuvre pour que le malade trouve encore l’envie de vivre, de désirer, d’imaginer et d’attendre le lendemain.

Mourir dans la dignité

Mourir dans la dignité suppose que l’entourage reconnaisse jusqu’au bout cette dignité, au-delà de l’apparence physique ou de la déchéance psychologique. Pour cela, l’attitude et le regard de l’accompagnant sont essentiels : une qualité de présence discrète, d’accueil, d’écoute, d’ouverture gratuite sans jugement, dans le respect des croyances ou des incroyances de chacun. Marie de Hennezel, engagée dans l’accompagnement des mourants, dit que cette pratique l’a changée ellemême positivement: une invitation à approfondir les relations, à changer la hiérarchie des valeurs, à apprécier le bonheur de vivre le moment présent, dans la pleine conscience

Des milliards de chemins

Même si nous ne nous sommes pas vraiment arrêtés cet été, nous avons besoin chaque année de cette journée de relance : un rassemblement qui concrétise notre communauté, au centre de cette fédération de treize villages.

Gardons les bonnes habitudes : le matin, ceux qui le peuvent marchent pour rejoindre le point de rendez-vous : Trambly. La météo et sa vigilance orange nous menaçaient de leurs foudres. Mais nous avons bravé les prévisions pessimistes et nous avons eu raison.
Cette année, pas de thème particulier à méditer. La plupart des marcheurs disent avoir discuté « au ras des pâquerettes, on n’a été ni religieux, ni philosophe, ni spirituel ! » Simplement, « on était bien, c’était super sympathique » Pourtant, un petit groupe s’est montré très appliqué : il a fait des haltes spirituelles au cours desquelles les participants ont réfléchi sur le Notre Père. Le repas voit l’habituelle surabondance de gâteaux en tout genre. Une participante me dit l’importance pour elle de ce partage, le plaisir qu’elle en éprouve. « Toutes les messes devraient commencer comme ça ! »

Le sujet du jour

C’est l’heure d’aborder le projet de construction d’une maison paroissiale. Jean Pierre Leconte nous fait part des réflexions et du travail d’élaboration issus de la rencontre entre équipe d’animation pastorale et conseil économique. Il s’agit d’anticiper l’avenir : raréfaction des prêtres, nécessité pour les chrétiens de se prendre en charge, reconnaissance de l’existence chez les jeunes d’une certaine foi, bien qu’ils ne la vivent pas de la même manière que nous. L’intérêt de cette maison de tous les paroissiens est multiple et se précisera avec le temps.
Répartis en six groupes, nous avons pu poser nos questions : Pourquoi ? Pour quoi faire ? Pour qui ? Quel coût ?… Un écrit détaillé donnera plus tard toutes les informations sur le sujet.

Célébrer notre diversité

C’est l’heure de la messe et du plaisir de chanter des milliards de chemins mais un seul pour chacun.
Avec Jean-Pierre qui accepte de « continuer le service », nous célébrons tout ce qui est en projet pour cette année. Il nous aide à comprendre un Évangile difficile. Loin de la leçon de morale, ce texte ne nous demande pas de penser Dieu à notre mesure, mais au contraire de nous inspirer de son comportement : pardonner 70 fois 7 fois, c’est- à-dire à l’infini, même à nos ennemis.
On termine en chantant :
La maison aux couleurs de la paix
Frêle demeure avec ses murs d’humanité
Belle demeure où la Parole doit fleurir.

Elle nous fait peur : la maladie d’Alzheimer

C’est un sujet qui revient dans les conversations, souvent sous forme de plaisanterie, histoire de conjurer par l’humour une crainte qu’on voudrait ignorer. Si un mot nous échappe: « C’est mon Alzheimer qui commence! » Ainsi, après la tuberculose, le cancer, le sida, est apparue cette autre métaphore du malheur, avec tout le poids des représentations négatives qui lui sont liées.

C’est une démence, c’est à dire une affection grave et inéluctable, due à une destruction progressive des cellules du cerveau. Il n’existe pas de traitement curatif, donc pas de guérison possible, mais des médicaments ralentissent l’évolution. Plus vite on diagnostique, plus vite on peut agir.

Le rejoindre là où il en est

Il existe surtout la possibilité d’un accompagnement de celui qui, jusqu’au bout, reste une personne. Même dans les derniers stades, ce n’est pas un légume, comme on l’entend dire souvent. Il ne se réduit pas à ses déficiences. Il est donc important de reconnaître et de valoriser tout ce qui subsiste, plutôt que de s’appesantir sur ce qui est perdu. Ses paroles gardent toujours un sens. Ce que dit une personne, ce n’est jamais n’importe quoi, même si ce sens nous est caché. Il en est de même des comportements, aussi bizarres qu’ils soient. Nous avons donc à nous adapter à ce malade, à le rejoindre là où il en est, à découvrir ce qui est important pour lui, et non ce que nous souhaiterions à sa place.

Maison ou institution ?

70 % des malades vivent chez eux. Il n’existerait d’ailleurs pas suffisamment de structures adaptées pour les accueillir. Leur domicile joue un rôle de contenant, de protection contre l’effondrement. Ils sont d’ailleurs plus stimulés en famille qu’en institution. C’est très lourd pour ceux qu’on appelle les aidants, physiquement et psychologiquement : voir se transformer, se dégrader celui qu’on aime. Pour éviter d’en arriver à l’épuisement, il est impératif de solliciter de l’aide, des relais : accueil de jour, accueil temporaire, rencontres d’échange et d’information, (cafés Alzheimer). Le fait de conserver soi-même une bonne qualité de vie est une condition nécessaire pour assurer une bonne prise en charge du malade. Souvent le placement s’impose un jour. L’expérience prouve que, lorsque le moment est bien choisi, cela se passe bien. Nous avons du mal à renoncer à l’impossible : vivre vieux sans pertes ni dépendance. Cette maladie nous renvoie à notre vulnérabilité : se perdre soi-même, ne plus se reconnaître, ne plus s’appartenir. Mais nous croyons que la personne, quelle que soit sa pathologie, conserve toujours toute sa valeur et sa dignité.

Un jardin partagé à Tramayes

Les médias nous renvoient souvent une vision pessimiste de la nature humaine. Mais on peut aussi relayer d’heureuses nouvelles : des initiatives solidaires nombreuses ont bien lieu autour de nous.

C’est la matérialisation des réflexions du groupe « Vers des solidarités plus actives », suite aux campagnes des restos du cœur : un espace constitué de parcelles individuelles et d’un terrain collectif. La culture des légumes, fleurs, arbres fruitiers a été choisie pour servir de support privilégié à la lutte contre le « chacun pour soi » : travailler ensemble, rencontrer l’autre différent de soi, partager les connaissances et les biens (échanger ou donner des plantes, des fruits, du matériel…). C’est donc un brassage de populations qui est souhaité : jeunes et vieux, autochtones et nouveaux habitants, jardiniers émérites et débutants loin des méfiances et des préjugés.

Tout le monde est invité

Si une attention particulière est dirigée vers les personnes en difficulté physique ou mentale ou économique, tout le monde est invité. L’inverse correspondrait à une attitude de ségrégation et d’exclusion.
Les tout-petits de la crèche et les personnes âgées de l’hôpital ne viendront pas : ce sont les bénévoles du groupe qui iront à eux. Par contre, l’école et les garderies ont leurs coins réservés. En plus du jardinage, il est proposé aux enfants une ouverture vers l’observation et le respect de la nature végétale et animale.
L’accent est mis par François Dost (responsable) et Agnès Olivier (animatrice) sur l’inventivité et la lutte contre le gaspillage : compostage, récupération, recyclage, utilisation de moyens de fortune, adaptation des outils au handicap.
Les récoltes vont bénéficier entre autre à la cantine et aux restos du cœur.

En aparté

Lutter contre les inégalités, contre l’injustice, c’est une attitude difficile qui nous demande un changement intérieur. Spontanément, nous cherchons plutôt à oublier que d’autres souffrent. Et puis, « ce qui est à moi est à moi ! » On peut aider ses voisins. On peut aussi partager avec l’étranger, celui qui vit très loin, d’une manière différente de la nôtre. Les réalisations sont diverses. Elles se différencient des « actions charitables » du passé. Elles veulent préserver la dignité des personnes secourues. Elles cherchent à être innovantes, souvent festives, privilégiant une joyeuse convivialité.

Retrouvez les activités sur le blog du jardin : http://jardinpartagetramayes.blogspot.com

« On nous attend dehors »

« C’est une journée que je ne manquerais pour rien au monde. Elle me donne le courage de repartir ». Ainsi s’exprime une fidèle participante de cette rencontre conviviale et festive.

Dimanche 12 septembre 2010 : par un temps splendide, les marcheurs des 13 villages convergent vers le bourg de Trambly, éclairé par la belle lumière de cette fin d’été. Les moins courageux prennent des raccourcis, les plus sportifs rajoutent des difficultés.
L’apéritif réunit tout le monde devant la salle communale. On a tendance à vouloir prolonger ce moment de joyeuses retrouvailles.

« Allez prier plus loin, La tendresse sera votre cantique et la vie votre célébration ».

Mais le temps passe vite. Le repas tiré du sac voit les habituelles profusions de tartes et de bonnes bouteilles. J’ai même vu passer un flacon de pousse-café !

À l’apéritif, les échanges permettent de mieux se connaître
À l’apéritif, les échanges permettent
de mieux se connaître

Sur la route des apôtres

Il est temps pour Guy et Mireille de nous présenter leur croisière-pèlerinage organisé par « Prions en Église ». Itinéraire : Limassol (Chypre) – Éphèse – Athènes – Corinthe – Malte – Rome. Le film nous fait bien partager les moments forts qu’ils ont vécus en mettant leurs pas dans les pas de Pierre, Paul, Jean, Luc, Barnabé. Deux semaines sur le bateau « Princess Danaé » et aussi sur la terre ferme : excursions, conférences, célébrations, spectacles.
Question : comment vivre, dans notre monde, la même démarche que les apôtres ? « Et moi et moi, je sers à quoi dans tout ça ? » chantaient les frères Lebrun.
Ensuite, nous aussi nous chantons, entraînés par André : « Mais qui peut dire où vont nos vies Sinon Jésus, la route unique Et nos chemins seront changés ».

C’est l’heure de la célébration

Pendant ce temps, Marinette et son équipe préparaient des bouquets splendides, aux couleurs vives. Ils envahissent l’autel improvisé.
Au cours de la messe, l’accent est mis sur des engagements : projet humanitaire au Congo, journée solidaire à Brandon, sans oublier Dokita.
Notre profession de foi est celle d’une « Église en marche loin des replis frileux. Sans réponses toutes faites  mais risquant pourtant une parole ». Notre foi est rupture, confiance, tendresse, audace.
L’Évangile nous invite à nous réjouir, avec Dieu, quand un homme, une femme, se convertissent, c’est-à-dire se libèrent de la soumission, et redeviennent vivants.
Enfin, Jean-Pierre nous invite à « lever la séance » parceque nous sommes « le Peuple en partance, gens de passage vers la demeure d’ailleurs ».
Puisqu’« on nous attend dehors », nous quittons la serre chaude de notre rencontre.

Saint-Léger sous la Bussière, un village « facile à vivre »

Cette commune se situe au confluent des trois Grosne. Son sol est constitué, en partie, de très vieilles roches volcaniques comme celui du Haut-Beaujolais. Son origine est très ancienne, la première mention date de 979, sous le nom de Saint Léodguin. La Belouze était alors nommée Labelosia.

L’histoire de Saint Léger est en grande partie liée aux puissants seigneurs de la Bussière, qualifiés par le père Fargeton de « grands chercheurs de noises ! »
On racontait à la veillée une histoire qui mettait en scène le curé de Saint Léger, convoqué et réprimandé par le seigneur, qui lui reprochait de « propager parmi le peuple des idées un peu trop révolutionnaires ». Le curé répétait dans ses sermons que tous les hommes étaient égaux devant Dieu !

Un village qui a évolué

Il ne reste presque rien du château, même si on parle encore du « donjon » et la vie des Sandzirons est à l’heure actuelle plutôt paisible ! Les nouveaux habitants disent que leur intégration s’est faite facilement.
A la fin du XIXe siècle, la commune a bénéficié des largesses d’un mécène : Jules Plassard. On lui doit entre autres le groupe scolaire, la mairie, l’église (l’ancienne était trop petite, mais le clocher roman a été conservé). Elle a été rénovée il y a une vingtaine d’années grâce à la mobilisation d’un grand nombre d’habitants (organisation de brocantes).
La population s’accroît tout doucement: 266 habitants au dernier recensement (mais 776 en 1836). Quelques naissances ont lieu chaque année. Des jeunes restent ou reviennent au pays.

Des réalisations récentes

Pierre Lapalus, le maire, est satisfait de l’opération « Cœur de village » : acquisition et réhabilitation d’une maison, création d’un parking avec sécurisation pour l’école, installation de jeux multisports. La salle communale a été agrandie et réaménagée, et l’école refaite à neuf avec une salle multi activités et un accès pour handicapés.
Saint-Léger fait partie du RPI des Grosne. La classe maternelle accueille une vingtaine d’enfants. Grâce à une association de parents et aux prestations d’une cantinière, ils bénéficient tous de repas équilibrés à base de produits locaux.

Saint-Léger travaille

Relativement à d’autres communes du secteur, la population agricole est nombreuse: une vingtaine d’exploitants sur quatorze exploitations. Il s’agit essentiellement d’élevage. La Cuma, dont le siège est à Saint-Léger, est un exemple de la capacité des agriculteurs à s’entendre et à s’entraider (voir bulletin numéro 69, septembre 2008).
Saint-Léger a la particularité d’avoir connu, dès avant la Révolution, une industrie : une papeterie. Par la suite, c’est le travail du bois qui s’est imposé : une usine de bois de brosses et de casiers d’imprimerie a fonctionné jusqu’en 1994. Actuellement, on compte un menuisier, un ébéniste, un charpentier et une entreprise de menuiserie qui emploie 13 personnes et qui est gérée par la famille Laffay. Cet « atelier relais » polyvalent est équipé de machines numériques : fabrication et pose, chantiers de rénovation (voir bulletin de décembre 2000). Nous avons aussi un plombier.

La sécurité est assurée

La commune est heureuse de possé- der un CPI. Gaby Thomas, chef de ce Centre de première intervention nous explique qu’on en retrouve déjà la trace en 1928. Il est composé de 12 pompiers, bientôt 13: un jeune va les rejoindre, après avoir fait les JSP (formation des jeunes sapeurs pompiers). Il est arrivé que leur présence, même fortuite, sauve des vies, ils sont reconnus et appréciés, Gaby parle d’une population disciplinée : peu d’accidents, pas d’appels intempestifs.

Une initiation au secours aux personnes
Une initiation au secours aux personnes

Et nous avons, nous aussi, une activité artistique ! Au hameau de la Chanalle, Dominique Marcadé travaille le verre soufflé. Il fabrique surtout des pièces à la commande (pour l’opéra comique par exemple).
Parole d’une Sandzironne d’adoption: « Saint-Léger est facile à vivre. On s’entend bien, les gens sont solidaires. On se débrouille, on trouve toujours des solutions. »

Un lieu convivial

La Belouze abrite le seul commerce de la commune : « Chez Poun ». C’est un bar-restaurant, dépôt de pain et de journaux. Toutes les générations s’y côtoient. La plupart des clients se connaissent, on vient à telle heure sachant qu’on rencontrera untel.

Des associations actives

Le club des aînés a fêté ses vingt ans d’existence en 2008. Maurice Passot en est le président. Les 23 adhérents sont très assidus aux réunions. Parmi eux, il y a aussi des « vieux relativement jeunes ! » Les activités sont classiques, mais pour la troisième fois, le club organisera un loto, occasion de réaliser une activité en commun. On constate aussi une ouverture vers l’extérieur : se connaître, se mélanger, découvrir aussi des actions de solidarité.
Le comité des fêtes (une quinzaine de bénévoles) organise des repas, un bal, un feu d’artifice, un loto. Céline Rivière, sa présidente, pense qu’il est important de proposer ces occasions de loisirs et de convivialité. L’organisation se fait souvent avec la collaboration du comité de Saint-Pierre.
« Saint-Léger sport-auto » (course rallye) organise aussi des manifestations : repas, expositions.
Le Cias offre repas et colis aux aînés. Une quinzaine de personnes participent au fleurissement. Et n’oublions pas la société de chasse, autre occasion de rencontre et de collaboration.

Un voyage des aînés avec les clubs des villages voisins
Un voyage des aînés avec les clubs des villages voisins

Aide à domicile : privilégier la relation

C’est vraiment par choix d’un métier qui l’attirait que Fatima Bélicard a décidé, il y a un an et demi, de devenir salariée à l’Aide à domicile en milieu rural (ADMR). Elle assure un temps partiel (une centaine d’heures par mois). Il lui faut désormais concilier cette fonction avec deux autres rôles : mère de famille et femme d’exploitant agricole ; une polyvalence qui exige de s’adapter, de respecter un planning précis, tout en s’efforçant d’être bien présente, attentive à chaque tâche et à chaque personne. Elle parle de complémentarité et trouve là un équilibre.

L’enthousiasme avec lequel elle parle de son travail laisse facilement deviner qu’elle s’investit beaucoup et qu’elle est heureuse dans sa profession. On peut penser que cette énergie est communicative et que les personnes âgées en bénéficient (quelques familles aussi). Elles souhaitent être déchargées de travaux trop durs pour elles, mais elles peuvent aussi choisir dans le temps qui leur est imparti, de privilégier le relationnel, ou le loisir : bavarder, offrir le café, en profiter pour aller faire des courses, voir une copine, aller ensemble choisir une nouvelle robe.

Ecouter, compatir, faire évoluer

Tenue par le secret professionnel, une aide à domicile (avant, on disait « aide ménagère ») reçoit les confidences, les plaintes au sujet de la solitude ou de la dépendance difficile à accepter. Elle se laisse toucher par la souffrance tout en essayant de garder la bonne distance. Elle entend parfois des remarques agressives sans se laisser déstabiliser. Elle respecte les habitudes tout en cherchant à amener tout doucement une évolution.

Comprendre, rassurer, se former

Fatima sait par expérience personnelle (elle a bénéficié d’une aide à la naissance de son troisième enfant) qu’on peut appréhender la venue d’une étrangère chez soi, dans ses « petites affaires ». « Faut-il que je fasse mon ménage avant ? » demandait avec un humour malicieux une future bénéficiaire ! Cette intrusion dans la sphère intime sera acceptée à mesure que s’installera la confiance.
Fatima est « du coin ». Elle est connue, située dans une famille, dans un village. Ces repères ont un côté rassurant : elle est de chez nous. Elle nous comprend.
Elle a conscience que le fait d’appartenir à une association constitue un plus : rencontres, échanges avec les bénévoles et les autres salariées. Elle a apprécié de participer à des groupes d’analyse de la pratique professionnelle : elle sait que la formation doit être permanente.

La violence au quotidien

Si on nous parle de violence, nous pensons à ce que les médias nous rapportent tous les jours. Nous oublions ce qui nous concerne pourtant de plus près : notre propre agressivité. Faut-il lui permettre de s’exprimer ? Quelles en sont les causes, les conséquences ? Qu’on soit agresseur ou agressé, comment devenir plus libre à son égard ?

Un monde sans violence est une utopie. Elle fait partie de la vie. Elle existe dans la nature. Elle s’impose à nous dans la maladie, le mort. Mais dans les relations humaines, elle est alors le fruit d’une volonté délibérée d’attaquer, de faire mal.

La souffrance en arrière-plan

Pourtant les conséquences d’une attitude agressive sont souvent négatives : profondément touchée, la victime va se sentir niée, rejetée, particulièrement si elle est déjà dévalorisée.
Dans les causes apparentes, il y a le besoin de s’affirmer, de s’imposer. Mais si le plaisir de mordre est évident, la souffrance est souvent en arrière-plan, à la base. On peut aussi vouloir agresser celui qui est différent de soi, ou celui qui nous renvoie une image de nous-mêmes que nous ne supportons pas.
Posons-nous la question : Quand nous adressons des reproches à une personne, avons-nous réellement pour but de la faire progresser ou au contraire de la confronter à ses manques et de la rabaisser ?
Et quand nous sommes victimes, comment réagissons-nous ? En subissant sans réagir, en inhibant et ruminant notre colère, ou bien par la défensive : un retour à l’envoyeur qui reprovoque des défenses. Dans les deux cas, que d’énergie gaspillée, qui n’est plus disponible pour autre chose ! (voir les conflits dans les institutions, politiques ou autres).

Une prise de conscience

Nous croyons que nous n’avons le choix qu’entre ces deux solutions. Une autre issue est possible, plus positive et moins coûteuse pour l’agresseur comme pour l’agressé : prendre du recul par rapport à l’attaque subie, être à l’écoute de ce qui se cache ou se révèle chez l’autre comme difficulté ou problème personnel, prendre conscience aussi de ce qui a été atteint en nous. On a peut-être touché juste, là ou ça fait mal. Il n’y a que la vérité qui fâche ?
Face à cet idéal difficile à atteindre, nous avons l’exemple rare de personnes, en prison ou en camp de concentration, qui ont su conserver, malgré les humiliations, liberté et paix intérieures.

Bonne nouvelle, nos chemins se sont croisés !

Partis à pied de Matour, Dompierre, Clermain, Trambly, Brandon, Tramayes, Saint-Pierre, nous avons convergé vers Saint-Léger pour notre journée de rentrée traditionnelle. Le thème: « espérance, fragilité, différence ». Après les vacances, nous avons besoin de ce moment de rencontres, de réflexion, de joie partagée pour nous donner un nouvel élan.

Le soleil est présent, les groupes arrivent peu à peu pour l’apéritif en plein air. Marcher ensemble fatigue un peu mais dynamise aussi. Les barrières, les inhibitions tombent quand on fait un effort en commun. Les échanges sont nombreux. Les autochtones rencontrent les vacanciers qui disent leur plaisir d’être accueillis, « intégrés » dit l’un d’entre eux.
On rentre dans la salle communale agrandie, rénovée, bien sonorisée. L’ambiance est particulièrement animée et joyeuse pendant le repas. Les parts de gâteaux se multiplient au moment du café.

Respecter la liberté de conscience

Après un moment de détente, c’est le moment de la conférence. Mais André Guimet, le conférencier, est absent. Jean-Pierre Leconte nous invite à « ne pas s’affoler », s’adapter au changement. Il traite le sujet prévu: « les difficultés au sein de l’Eglise ». Un éclairage historique nous aide à mieux nous situer par rapport aux différentes « affaires » qui ont remué l’opinion.
Le Syllabus publié en 1864 par Pie IX reste une référence pour les intégristes. Il dénonce les erreurs du monde moderne et affirme que l’homme ne doit pas être libre « d’embrasser et de professer la religion qu’il aura réputée vraie d’après la lumière de la raison ». Vatican II, au contraire, insiste sur le « caractère volontaire et rationnel de l’acte de foi personnel ». Il dit la grandeur de « l’intelligence humaine capable d’atteindre la vérité ». Il permet donc « une liberté de recherche et d’adhésion à Dieu ».
Cette affirmation du respect de la liberté de conscience et nouvelle, étonnante : ne pas imposer au nom de la loi divine.

Dieu parle à notre espérance

Après cet exposé, nous avons besoin de bouger et de nous exprimer: dessiner, ou chanter avec André, ou réaliser des compositions florales avec Marinette. Ces bouquets servent à habiller notre « table du jour » : l’autel. De nombreux autres participants nous ont rejoints.
La célébration eucharistique peut commencer. A travers l’évangile, les chants, les textes choisis, « Dieu parle à notre espérance ». Il nous est demandé de dépasser nos fragilités, notre peur de l’inconnu (« mais qui peut dire où vont nos vies ») pour prendre le risque d’avancer au large en « espérant contre toute espérance ». Jésus nous engage sur un chemin de liberté pour vivre notre foi jusqu’au bout dans une vie toute entière engagée.
« Nous arrivons de notre histoire, de nos racines et de nos chemins » « Notre avenir est en mémoire, mais le présent est entre nos mains ».